Les transports dans l’aire toulonnaise

Du PDU au SCOT… ou comment les grands projets risquent d’accoucher d’une souris…

Les déplacements doux sont une nécessité. Le tout automobile sature les réseaux, produit une pollution (dégagement de CO2 qui aggrave l’effet de serre) et engendre du bruit et du stress. 3 personnes sur 4 en Europe estiment que les effets de la circulation automobile dans nos vies quotidiennes ne sont plus supportables ; la voiture particulière est de loin le premier mode de déplacements dans l’agglomération. Le PDU établi par TPM cherche donc, conformément à l’esprit de la loi, à réduire la place et l’usage de la voiture au profit de transports publics plus efficaces et de l’encouragement de la marche à pied et du vélo.
Reconnaissons-le avec courage :  » sortir la voiture  » des villes, c’est reconquérir les espaces urbains au profit d’une qualité de vie retrouvée et contribuer à la santé publique. C’est aussi donner la chance à une réduction notoire de la pollution, du bruit et de l’insécurité routière, au développement des zones piétonnes et l’élargissement des trottoirs, la construction de pistes / bandes cyclables et de parkings à vélos, l’aménagement d’espaces verts…
La première priorité, c’est de développer des transports en commun efficaces et attractifs pour qu’ils constituent une alternative crédible. On peut argumenter encore en pensant à l’espace public occupé par un bus qui transporte 57 personnes et en le comparant à celui occupé par 57 véhicules personnels. Le tramway présente des qualités et capacités susceptibles de redonner un poids plus important aux transports collectifs. Il aurait dû contribuer à modifier les habitudes de déplacements et impulser un nouveau souffle dans les communes traversées. On sait que le Président de TPM, malgré les votes en ce sens de son assemblée, ne veut plus lancer cette opération.
Le plan prévoyait un réseau de transports en commun autour du tramway, un réseau ferré métropolitain d’Ollioules à Hyères et de Bandol à Cuers (avec un cadencement plus important qu’aujourd’hui) et le traitement en pôles d’échanges des gares de la Seyne à la Garde et de la Pauline à Hyères.
Une autre priorité du plan est de conforter toutes les pratiques dites douces (vélo, marche à pied, roller…), au profit d’une meilleure qualité de vie et d’une sécurité renforcée dans nos communes.

Cette priorité s’organise autour de 4 axes :
• La réhabilitation de la marche à pied pour les déplacements courts.
• La pratique du vélo pour tous les usagers : actifs, randonneurs, sportifs, scolaires.
• L’accessibilité des Personnes à Mobilité Réduite.
• La mise en valeur du patrimoine naturel.
L’ambition des plans en faveur des modes doux concerne :
• La mise en place d’un réseau maillé vélo dans les villes (partage de la voirie) et entre les villes (pistes cyclables) ;
• L’extension des zones 30 et 50 favorables aux piétons, aux 2 roues motorisés et aux vélos.
Un cycliste en ville est vulnérable, ce qui n’encourage pas cette pratique. Et on connaît tout le déficit de notre région en pistes cyclables et en aménagements destinés à favoriser ce mode de déplacement : parkings à vélo, bandes cyclables continues, possibilités d’inter modalité (liaisons vélo/ bus ou vélo/train). La demande porte sur plus de 200 km de piste ou de bandes cyclables, le respect des usages dans l’utilisation de ces pistes et la création de parkings à vélos sécurisés. La comparaison avec d’autres agglomérations de même importance montre tout le retard pris par nos élus. Ce plan existe, il a été voté à l’unanimité des élus de TPM. Devant ce retard, le rôle des associations pourrait être de demander aux municipalités la création de commissions extra-municipales chargées de suivre le développement de tous ces projets et leur mise en application réelle sur le terrain.

Dans la discussion qui a suivi cet exposé de Maurice Franceschi, président de Toulon Var Déplacements, nous avons abordé plusieurs points :

Une comparaison entre les possibilités du bus B.H.S.N préconisé par M. Falco et celle du tram. : 20 000 personnes par jour pour le premier, 50 000 pour le tram avec plus de confort.
La création de nouvelles voies entraîne un appel de voitures. Ainsi, le deuxième tube risque fort de déboucher sur une saturation plus importante des voies de circulation.
Pour l’association Toulon Var Déplacements, la LGV est une nécessité économique à Toulon. Ils préconisent une gare TGV en plein centre de Toulon pour favoriser l’inter modalité et éviter encore que les gens prennent leur voiture pour se rendre à la gare. Ils proposent de créer une troisième voie et une gare verticale pour ne pas handicaper les TER.
La possibilité de créer des grands parkings à l’extérieur de la ville et de développer un réseau de navettes, à destination du centre-ville mais aussi des grands sites touristiques, particulièrement en direction de la Tour Fondue, devrait être une priorité sur Hyères.
La nécessité s’impose, à l’heure de l’enquête publique sur le SCOT, d’aller consigner toutes nos observations, car ce schéma va ensuite s’appliquer. Si on veut aménager l’espace public avec des pistes cyclables, c’est le moment de le dire.

Un rappel aussi : la fête du vélo, opération nationale dans laquelle Changer d’Ere s’est engagée avec une balade en ville : le parcours des écoliers. Départ samedi 8 devant le collège Marcel Rivière (Golf- Hôtel).

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