Ciné débat : ZONE ROUGE


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Poussière rouge de bauxite, poussière blanche d’alumine : à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, l’usine nimbe la ville. Réverbères, panneaux de signalisation, murs, tout y est patiné à l’ocre rouge. L’usine Alteo se dresse ostensiblement au bout de la rue principale. Depuis que le groupe Pechiney s’est établi là en 1893 pour produire de l’aluminium, elle a toujours fait travailler les ouvriers de ce coin de Provence, au gré des propriétaires. En retour, l’Etat s’est employé avec constance à ne pas lui compliquer la tâche.

Quand il est apparu impossible de continuer à stocker des monceaux de résidus de bauxite sur plusieurs terrains alentour, une solution s’est vite imposée : pourquoi ne pas balancer tout cela discrètement au fond de la Méditerranée ? Une pollution qui ne se voit pas n’est pas dangereuse.C’était en 1966.

Quelques dizaines de millions de tonnes de boues rouges plus tard, la grosse canalisation court toujours sur 47 kilomètres, le long de la route jusqu’au rivage de Cassis, avant de s’enfoncer sous la surface jusqu’au canyon sous-marin de Cassidaigne à 7,7 km de là, par 320 mètres de fond. Vingt millions de tonnes de sédiments se sont accumulées au cœur du parc national des Calanques, sans compter tout ce qui a débordé et s’étale en couche plus ou moins épaisse du golfe de Fos à la rade de Toulon. Et le robinet n’est pas prêt d’être fermé.

L’usine d’alumine de Gardanne fait couler beaucoup d’encre, divise le gouvernement, oppose les écologistes à ses salariés, les pêcheurs aux miniers, les habitants aux experts en toxicologie.  Depuis 50 ans, les industriels qui ont successivement dirigé cette usine se sont ingéniés à inventer bien des astuces pour faire accepter tant aux autorités politiques, scientifiques et sanitaires qu’aux populations, l’innocuité des boues toxiques, résidus de la transformation de la bauxite en alumine et valider le choix de leur rejet en Méditerranée.

ZONE ROUGE raconte cette désinformation toxique.

Débat en présence d’Olivier DUBUQUOY, géographe et coréalisateur de ce film.

Actuellement, Olivier Dubuquoy mène des projets liés à la revendication des « communs », contestant l’appropriation des espaces et des ressources naturelles par une oligarchie. Il a lancé le mouvement Nation Océan soutenu entre autres par Pierre Rabhi et Matthieu Chedid.

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