Ciné débat : le nucléaire


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Tchernobyl, Ukraine, samedi 26 avril 1986 à 1h24. Lors de la vérification d’un système de sécurité de l’Unité 4 de la centrale de Tchernobyl, une série d’erreurs commises par les opérateurs du réacteur entraîne la fusion du cœur. La pression de la vapeur fait sauter le couvercle du réacteur, laissant échapper un nuage radioactif. L’évacuation des habitants de la ville de Pripyat, située à 3 km de la centrale, ne débute que le dimanche 27 à 14h. La ville de Tchernobyl, distante de 25 km, n’est alertée que le lundi matin… et évacuée le dimanche suivant !

Plus de 25 ans après, Tchernobyl garde les stigmates de la catastrophe.

Plus que toute autre, la catastrophe nucléaire est celle du péril invisible, pourtant si présent. Les niveaux de radiation dans la région restent toujours deux à trois fois supérieurs à la normale. Les principaux risques physiques sont désormais dans l’alimentation produite localement (lait, fruits et légumes, champignons…) qui concentre eau et particules des sols contaminés.

La zone d’exclusion restera, elle, contaminée pour des centaines d’années. On a fait grand cas, récemment, de la réalisation du nouveau sarcophage, attendu depuis 2007 mais dont les travaux ont tout juste été initiés le 26 avril 2012. Le sarcophage actuel présente une surface d’environ 150 m2 où les poussières radioactives peuvent s’échapper. Il est urgent et essentiel d’agir pour encapsuler les radiations. Mais la communication sur la prouesse technologique ne doit pas nous faire oublier qu’il faudra maintenir sous contrôle quotidien et alimenter en énergie pendant 100 ans ce dispositif pour contenir les émissions de poussière radioactive et que rien ne sera stabilisé pour un démantèlement final. Le repeuplement de la zone d’exclusion des  40 km n’est pas d’actualité, les lieux étant contaminés pour des siècles.

L’impact d’un accident nucléaire sur la faune et la flore reste difficile à évaluer. Les études de terrain conduites à Tchernobyl ont montré une sensibilité de la faune et de la flore aux radiations de 5 à 10 fois plus forte que ne l’indiquaient les expériences en laboratoire.  La raison  de ce décalage  est probablement que les études de terrain sous-estiment la dose réellement absorbée.  En particulier, seule la contamination externe, liée à l’exposition aux rayons ionisants, est prise en compte. La contamination interne provoquée par l’inhalation ou l’ingestion de substances contaminées est ignorée.

La catastrophe de Tchernobyl amène plusieurs constats  de manquements graves dans le domaine de la transparence et de l’information.

En France, un tissu associatif riche s’est créé pour donner  plus de poids à un acteur important : le public citoyen.

Changer d’Ere vous invite à débattre du nucléaire à partir du film  « le souffle » d’Alexander  KOTT le jeudi 28 avril  à 19 heures au cinéma Olbia.

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1 Comment

  1. Albertine Benedetto Reply

    Pour les sceptiques sur la dangerosité du nucléaire, lire de toute urgence le livre de Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de littérature 2015) : La Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse, paru en 2004.

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