Ciné débat: les sentinelles.


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“Les Sentinelles”, le film de Pierre Pézerat, est un hommage aux lanceurs d’alerte qui, durant quarante ans, ont dénoncé les scandales sanitaires, de l’amiante et des pesticides notamment.

Il débute dans les pas d’un homme, ceux de Paul François, montant les marches d’un tribunal, prêt à affronter en justice le mastodonte de l’industrie agro-alimentaire Monsanto et déterminé à lui faire admettre ses responsabilités dans son intoxication d’avril 2004, qui l’aura mené à de longues périodes d’hospitalisation.
La caméra de Pierre Pézerat filme ensuite le parcours croisé de cet agriculteur, d’employés de l’usine Triskalia en Bretagne exposés aux pesticides et de travailleurs victimes de l’amiante pour faire reconnaître leurs maladies comme “professionnelles”.
La victoire juridique de Paul François contre Monsanto, confirmée en 2015, fait écho au combat des ouvrières de l’usine d’amiante Amisol de Clermont-Ferrand, débuté dans les années 1980, et de celui des employés de l’usine Eternit dans le Tarn.
Rien ne prédestinait toutes ces personnes à se rencontrer. Leurs luttes ont convergé à travers les travaux d’Henri Pézerat, directeur de recherche au CNRS, qui aura contribué à révéler les risques de l’amiante puis des pesticides pour les travailleurs.
Des années plus tard, les victimes de l’amiante et leurs proches racontent au réalisateur le parcours jalonné d’obstacles pour aboutir à son interdiction en 1997. “Elle tombait du plafond comme de la neige” raconte Josette Roudaire, ancienne ouvrière d’Amisol et activement impliquée contre cette catastrophe “à retardement”.

Des vies brisées par l’exposition à ce minéral mais dont les victimes se sont battues pour ne pas laisser impunis les donneurs d’ordre de ce “travail qui tue”.

Les personnages principaux du film ont en commun leur lutte pour faire émerger les scandales sanitaires que sont l’amiante et les pesticides. Et leur rencontre avec Henri Pézerat,  père du réalisateur, directeur de recherche au CNRS, diplômé de l’Ecole de chimie de Lyon et toxicologue. Décédé en 2009, Henri Pézerat était avant tout un lanceur d’alerte qui a étudié l’amiante et les causes de son caractère cancérogène.

C’est dans l’association qui porte le nom de son père et qui poursuit son combat que Pierre Pézerat les a tous rencontrés : “en les écoutant parler, je me suis dit qu’il fallait absolument que d’autres les entendent. C’est cette rencontre avec eux qui m’a donné envie de faire ce film“.

Au départ, le réalisateur n’avait pas prévu d’évoquer son père dans son film : ” je voulais raconter leur histoire, leur parcours du combattant pour défendre la santé au travail mais tous m’ont ramené à mon père. Ils m’accordaient leur confiance, justement parce que j’étais son fils et tous voulaient me parler de lui“.

En creux, au travers du témoignage de ces hommes et femmes, le film est donc devenu aussi un hommage à son père pour qui les travailleurs étaient “les sentinelles du risque toxicologique, professionnel ou environnemental“.

 

Le débat sera animé par Monique NOWAK,  présidente fondatrice de l’ARDEVA SUD-EST/CORSE, Association Régionale de Défense des Victimes de l’Amiante et des pesticides dont le siège est à Ollioules, en présence de plusieurs de ses adhérents.

 

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