Ciné-débat : l’époque.


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« Regarde ta jeunesse dans les yeux », clame le sous-titre du film « L’Époque ». Son réalisateur Matthieu Bareyre a passé près de trois ans à parcourir les nuits de Paris pour aller à la rencontre de cette jeunesse qui ne dort pas. Capter ses rêves, ses cauchemars, l’ennui, les larmes, la teuf, le taf…

C’est le cœur de l’été. On parle beaucoup d’amour, de révolte, du temps qui passe, de musique, de faits divers… Tout ce qui empêche la jeunesse de dormir.

L’Époque est un film sur ceux marchent à l’insomnie. Des étudiants, des fêtards, des chômeurs, des dealers, des intellectuels, des agents de propreté…qui transforment la nuit dans le monde.

Parce que pendant la journée, les gens sont englués dans leurs fonctions, un train-train quotidien, les rencontres sont rares. Tandis que la nuit est un temps où tout  peut se dire. On peut choisir le masque que l’on veut porter. Matthieu Bareyre a longtemps sillonné Paris avant de croiser les personnages de son film.Parce qu’il fallait qu’ils soient sincères.

Tout son travail de réalisateur c’est de faire ressortir l’espoir, l’immobilisme, les rêves, les opportunités manquées… Transmettre l’entière  émotion des personnes rencontrées, leur laisser le temps de prendre confiance et de se confier.

Place de la République, Mathieu ne tombe pas dans le documentaire-fourre-tout, à interroger tout azimut tous les passants. Non, son objectif, c’est aussi de filmer une jeunesse qui se révolte. Une jeunesse qui transforme le monde dans la nuit.
Une jeunesse qui, à contre courant d’un fonctionnement de plus en plus libéral, se heurte violemment, directement à l’État dans sa manifestation la plus brute et matérielle : la police.
La police qui matraque, arrête, tabasse… Une police qui avait  plus l’habitude de s’occuper des quartiers paupérisés que du XIème arrondissement. Et justement, c’est cela qui est à l’œuvre: les jeunes filmés ne sont pas des aspirants anarchistes,” fils d’ouvriers italiens”. Non, ces jeunes viennent de la jeunesse dorée parisienne, désillusionnés par le réel, le futur, le présent. Meurtris par la police, le travail, le libéralisme.
Parce qu’on vit une époque injuste, brutale et froide, questionner nos passions, c’est questionner un héritage politique et une projection de plus en plus problématique et blême.

2016, Nuit Debout, c’est une période où un certain pan de la jeunesse se politise, se radicalise. Se radicalise dans le sens prend les choses à la racine. Un premier instant, peut-être précurseur d’autres soulèvements à venir.

Un documentaire juste, un documentaire vrai, sur une vie de passion, de manifestation et de boisson.

Ce film coule devant nous comme un fleuve charrie ses excès. On comprend vite au fond de nous combien ces éclats de nuits captent nos regards.

Et une autre rencontre au programme: celle d’Alex un jeune hyèrois qui viendra animer le débat et nous éclairer la nuit parisienne.

 

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