Ciné débat : l’atelier de conversation


Détails de l'événement


“Il n’y a pas d’étrangers, il n’y a que des gens que l’on ne connait pas encore”

« Atelier de conversation » : un havre de paix dédié à la parole.

Dans une pièce pas bien grande, planquée dans le labyrinthe du centre Georges Pompidou, une quinzaine de chaises en plastique forment en un cercle étroit. Le décor de l’Atelier de conversation ne paie pas de mine. Pourtant, Bernhard Braustein prétend y filmer le monde, en écoutant des ressortissants de différents continents apprendre le français en se faisant la conversation. Le film donne des visages aux étrangers parce que, affirme le réalisateur, “dans cet atelier, on n’est pas classé ou jugé comme le font certains politiciens qui parlent d’une masse indistincte d’immigrés comme d’une masse dangereuse; moi, je montre des individus”.

Les ateliers de conversation, installés au centre Beaubourg, réunissent entre quatre murs des étrangers qui se parlent en une langue précaire, comme le sont leurs situations. Sur des chaises disposées en cercle, chacun s’exprime à tour de rôle jusqu’à ce que les discussions s’enclenchent naturellement.

Le réalisateur Bernhard Braustein est autrichien et ne parlait pas un mot de français lorsqu’il découvre, au hasard d’une visite à la bibliothèque du Centre Georges Pompidou, l’atelier de conversation. Il s’y inscrit et rejoint un petit groupe cosmopolite d’étrangers qui cherchent comme lui à apprendre le français. L’homme d’image repère tout de suite les émotions puissantes que dégage cet instant du monde. Et c’est en tant que cinéaste qu’il revient capter l’atmosphère si particulière de cette petite salle, sise au milieu de l’impressionnante BPI.

Atelier de conversation filme aussi bien la parole que l’écoute et rend compte de la diversité des sujets de conversation, des origines et des trajectoires qui se succèdent devant nos yeux et aiguisent notre curiosité. Et si, parfois, la polémique enfle inévitablement sur des sujets délicats, l’atelier est d’abord et surtout une parenthèse chaleureuse où se confier, un havre de paix planté au milieu d’une vie qui se montre parfois inhospitalière.

Malgré leurs différences, les étrangers présents partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des ami(e)s pour pouvoir (sur)vivre à l‘étranger. C‘est dans ce lieu rempli d‘espoir où les frontières sociales et culturelles s‘effacent que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d‘égal à égal.

Ce film est soutenu entre autres par la Cimade – la Comede – l’agence de promotion du FLE – Le Secours Catholique Caritas France – Emmaus Solidarité – Les amis du Monde Diplomatique….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *