Ciné débat : DEMAIN!


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Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ?
Le film démarre sur une étude scientifique parue dans la revue Nature en 2012. Celle-ci, assez dévastatrice, annonce un effondrement généralisé des écosystèmes, donc la fin des conditions de vie stables sur Terre. Cyril Dion, membre de l’association Colibris, a commencé à écrire le film en décembre 2010, en se disant déjà à ce moment-là qu’annoncer les catastrophes ne suffisait plus : il fallait proposer des solutions pour l’avenir.
Par manque de temps, il laisse le projet en suspend par et fait un burn out en 2012… Un mois après, il découvre la fameuse étude d’Anthony Barnosky et Elizabeth Hadly qui le marque profondément car il y voit une résonnance avec son propre épuisement : “Je me suis dit qu’il était temps de faire ce qui comptait le plus pour moi et de mettre ce film sur les rails. J’ai démissionné de mon poste chez Colibris et j’ai commencé à y consacrer la plupart de mon temps.”
Il rencontre Mélanie Laurent à qui il présente son projet.
Pendant quatre mois, caméras et sacs en bandoulière, ils se rendent à San Francisco où 80 % des déchets sont recyclés, en Finlande, dans une école où le système éducatif est basé sur l’écoute, où les élèves circulent librement en classe, à Copenhague, ville principalement alimentée en énergies renouvelables (et qui vise l’autonomie complète), où les pistes cyclables et les trottoirs prennent plus de place que les routes… à Todmorden en Angleterre, où les habitants ont mis en place le système des Incroyables comestibles : ces fruits, légumes et aromates plantés, soignés et récoltés un peu partout dans la ville par les habitants transformés en jardiniers citoyens.
L’intention première des réalisateurs consiste plus à contribuer à l’émergence d’une nouvelle culture que de fournir la réponse absolue à l’effondrement du monde : “Nous avons d’abord besoin de changer d’imaginaire. »
Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines.
Ce raisonnement suit une logique qui n’est pas nouvelle mais il a le mérite de poser les choses clairement: puisqu’il est nécessaire de modifier notre manière de produire de la nourriture, il faut aussi se pencher sur l’énergie consommée pour la produire et sur le modèle économique qui nous pousse à produire cette énergie, puis sur le système politique qui favorise ce modèle et enfin sur l’éducation, qui fait de nous des citoyens informés.
En France, le couple de paysans Charles et Perrine Hervé-Gruyer pratique la permaculture. Partant du principe qu’une plante ne peut vivre seule, il mélange les plantations. Les résultats sont étonnants: sur une parcelle de 1000 m2 travaillée à la main, sans aucun produit annexe, ils ont dégagé un chiffre d’affaires de 54.000 euros sur 1 an pour 1600 heures de travail. Soit l’équivalent d’une surface plus grande exploitée industriellement. Demain vient compléter le travail de la journaliste Marie-Monique Robin dans Les Moissons du futur qui démontrait que l’agroécologie pouvait nourrir le monde.
Pour le volet sur l’énergie, le film suit l’ingénieur énergéticien français, Thierry Salomon, qui considère qu’en 2050, nous serons en mesure de nous passer du nucléaire, du charbon et du pétrole.
Pour le chapitre sur la démocratie, parmi les étapes marquantes, il y a celle de l’Indien Elango Rangaswamy, un élu, membre de la caste des Intouchables, qui a mis en place des maisons mitoyennes faisant habiter côte-à-côte des personnes de castes différentes. Son modèle est en train d’essaimer dans d’autres régions
Les exemples de bonnes pratiques qui n’émanent plus des Etats, mais des citoyens, sont la trame de ce film, très joliment mis en lumière et qui sera un bon support pour notre ciné débat.

 

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