Le SCOT de l’aire toulonnaise: avis défavorable

Du 18 Mai au 18 juin en mairie d’HYERES, a eu lieu l’enquête publique sur le projet de Schéma de Cohérence Territoriale de l’Aire Toulonnaise.
Le Schéma de Cohérence et d’Organisation du Territoire de l’aire toulonnaise  a été arrêté par les élus le 19 décembre 2008. Il est  mis en enquête publique dans l’ensemble des mairies du 18 Mai au 18 juin 2009.

Même si ce SCOT a un discours très développement durable,  toutes les prescriptions qui avaient été proposées dans les documents de travail ont disparu. En particulier celles sur le logement social, la limitation des grandes surfaces, la préservation des terres agricoles et espaces naturels…
Autre faiblesse, les transports : aucune mesure concrète pour le développement des transports collectifs après le recul sur le projet de tramway.
Et l’étalement urbain va continuer. La chambre d’agriculture du Var a calculé qu’avec les projets du SCOT,  1000 hectares de terres agricoles vont disparaitre. Vu le seuil critique déjà aujourd’hui, la survie d’une agriculture de proximité est menacé sur l’aire toulonnaise.
C’est pour ces raisons que les élus Verts et écologistes et ceux du PC ont voté contre ce SCOT (contrairement à l’UMP et au PS)lors du débat au conseil régional.
Changer d’Erre a participé à l’enquête publique, voici nos commentaires :
« Nous nous félicitons du travail remarquable des techniciens qui ont élaboré le diagnostic. Le constat est sévère dans tous les domaines et souligne bien les aberrations des politiques mises en œuvre jusqu’à présent. Pourtant ce SCOT n’est pas à la hauteur des enjeux de demain. En effet les prescriptions qui figuraient dans les documents initiaux ont disparu dans cette version. Nous en concluons qu’il manque une véritable volonté politique pour apporter des réponses adaptées, concrètes et financées aux problèmes posés.
Un exemple pour ce qui concerne les terres agricoles et les espaces naturels : tous les secteurs remarquables ou à conserver sont cités dans le diagnostic préalable au SCOT mais celui-ci ne prévoit aucune mesure de préservation de ces espaces (surtout agricoles) laissant ainsi libres les communes de continuer à les grignoter. Changer d’Ere demande donc un périmètre de protection (« zone agricole protégée ») pour les terroirs agricoles de la vallée de Sauvebonne et des Borrels qui sont la plus grande zone agricole restante sur l’agglomération toulonnaise.
Autre exemple : le pourcentage d’habitat social permettant de combler le retard de l’agglomération en la matière. Les 30% prévus dans tous les nouveaux programmes laissent la place à l’application stricto sensu de la loi SRU. Des villes comme Toulon, classée 3ème dans la liste des plus mauvais élèves établie par la Fondation Abbé Pierre ont par ailleurs obtenue des dérogations à l’application de cette loi. Changer d’Ere l’a souvent souligné lors de ses interventions : Hyères et TPM voient leur habitat se développer alors même que, chaque année, de nombreuses classes sont fermées car les jeunes couples avec enfants ne trouvent pas à se loger sur notre territoire. Et cela à deux conséquences : l’une directe, avec un vieillissement de la population (avec tous les effets que l’on peut imaginer), l’autre plus sournoise : à ce rythme l’agglomération n’est pas prête de rattraper le retard en matière de logement social et des communes de l’agglomération continueront à payer des pénalités. Nous sommes déçus par la traduction dans le projet de SCOT du constat qu’il faut stopper le mitage périurbain. Le diagnostic fait apparaître qu’il faut loger les nouveaux arrivants et qu’à chaque nouvel habitant il faut une surface quatre fois plus importante qu’il y a quinze ans. C’est donc sur le modèle d’habitat qu’il faut agir mais le SCOT en reste aux vœux pieux. Nous attendions une priorité à la requalification urbaine des centres villes et des projets plus innovants et respectueux de l’environnement. Nous préférons la revitalisation du centre-ville à l’extension des grandes surfaces, non contenue par le SCOT.
Autre grand vide sur le plan des transports, du fait de l’abandon du projet de tramway. Dans le Plan de Développement Urbain voté par TPM il y a quelques années, le Tramway en site propre devait être la colonne vertébrale de l’aménagement de l’aire toulonnaise. Que devient ce plan, par ailleurs remarquable ? Quelles en sont les applications dans le SCOT ? Changer d’Ère demande l’aménagement des centres villes avec des bandes et des pistes cyclables continues, la facilitation des déplacements doux ou collectifs.Les mesures concernant l’élargissement de l’autoroute, la création d’un second tube et le calibrage du trafic par des réglementations de la vitesse en temps réel sont déjà obsolètes avant leur mise en œuvre. Toute création de nouvelle voie débouche inévitablement sur un appel de voitures. Comparons alors l’espace utilisé par un bus à celui d’une cinquantaine de voitures. Sur le plan Hyérois nous appuyons l’idée de création de grands parkings aux entrées du double tombolo, l’aménagement de la route du sel réservée aux cycliste et piétons, la création de bus ou navettes électriques de ces parkings vers le centre-ville et tous les sites remarquables.

Nous regrettons encore l’absence de projet précis digne de l’extraordinaire qualité de notre environnement et qui en permettrait une réelle préservation. Nous aurions aussi souhaité la cohérence du territoire avec son exceptionnelle situation : où sont les projets en matière de gestion de l’énergie et développement des énergies renouvelables ? Pourquoi ne pas équiper les bâtiments publics du territoire en panneaux solaires ou voltaïques ? Comment un pays aussi ensoleillé peut-il passer comme cela à côté de cette énergie ?

En conclusion, notre association délivre un avis défavorable au SCOT tel qu’il nous est présenté à ce jour. »

 

Jean-Claude Albérigo, Vincent Tessereau, Changer d’Ere, Hyères.

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