Eau de robinet et eaux en bouteille

En préambule, il est nécessaire de dire quelques mots sur la nature de l’eau . A ce sujet, lire l’excellent livre de Yann Olivaux « la nature de l’eau » aux éditions Marco Pieteur collection résurgence( ISBN 2 87434 038 3 – 571 pages) tout y est écrit.
Les expériences de Lavoisier (en 1785) ont montré que l’eau était un mélange formé par 2 gaz. Depuis, de nombreux travaux ont montré que l’eau pure, composée uniquement de molécules H2O, n’existe pas dans la nature. Ces molécules sont liées par des liaisons hydrogènes hautement instables qui se combinent et recombinent entre elles et avec tous les éléments qu’elle peuvent rencontrer. Lorsque vous plongez une main dans l’eau vous dissociez les molécules et en la retirant elles se recombinent.
Prenez un verre d’eau, ajoutez y un morceau de sucre et remuez, le sucre disparaît et l’eau ressemble à ce qu’elle était avant le sucre. Ajoutez une pincée de sel et remuez, l’eau reste claire….. A l’œil c’est la même eau, mais elle n’a pas les mêmes propriétés !
L’eau est le plus puissant solvant qui existe, elle est capable de tout dissoudre …bien sur plus ou moins vite.
Ainsi l’eau de pluie va se charger des poussières en suspension dans l’air, des minéraux qu’elle rencontre en traversant les sols, mais aussi des déchets qui y seront présents. Selon la quantité ou la qualité des produits dissous, l’eau peut changer de couleur, de goût, d’odeur ou de consistance. Pour les micro doses et la majorité des produits, leur présence n’est pas détectable naturellement.
L’eau a l’opportunité de dissoudre et transporter en toute discrétion des milliers de molécules nouvelles qui finissent par arriver un jour ou l’autre dans la nappe phréatique puis dans notre tube digestif sans qu’on le sache.
Voila pourquoi on peut dire que l’eau chimiquement pure n’existe pas.
Comme nous en absorbons 2,5 litres par jour ( à travers la boisson, l’alimentation, la peau et les poumons) soit environ 1000 litres par an, un adulte de 50 ans aura son corps traversé par 50 mètres cubes d’eau! Il a donc intérêt a ce que cette  eau soit propre.
Quelle eau boire ? Quelle eau pour cuisiner ou pour se laver ? Quelle eau va permettre à mon corps un fonctionnement optimal ?
A contrario, quelle eau peut perturber mon organisme et me rendre malade à court, moyen ou long terme ?
C’est en fonction de ces critères qu’il faut faire un choix. Et le choix est difficile car le discours scientifique est mal connu. De plus, il est brouillé par le marketing des marchands d’eaux qui l’utilisent de façon partiale en donnant des évidences qui favorisent la vente de leur produit et en cachant les informations qui iraient contre l’achat du produit par le client ou qui les conduiraient réduire leurs marge de bénéfice.
Le citoyen lambda, se pensant informé, est en réalité manipulé pour consommer.
Pour comparer l’eau du robinet avec les eaux en bouteilles il faut donc comparer ce qu’elles contiennent. C’est en fonction de l’usage que l’on désire en faire que certains constituants seront recherchés ou évités. Pour laver sa voiture, peu importe si l’eau contient des colibacilles, mais pas pour laver sa salade!
Il est très difficile de connaître la composition exacte d’une eau pour 2 raisons:
1) Depuis une centaine d’années, la chimie moderne déverse dans la nature des centaines de milliers de molécules. Il est impossible de toutes les rechercher. D’une part il n’existe pas de techniques fiables pour beaucoup de  ces produits et d’autre part cette recherche ne serait pas économiquement raisonnable. La plupart des gestionnaires de l’eau ne font donc que les recherches imposées par la législation et donnent carte blanche aux laboratoires agréés ou aux services de l’état pour rechercher quelques centaines de molécules au total.
2) La totalité des résultats d’analyses n’est pas publiée. Peu de mairies les affichent ou les publient sur leur site internet. Elles se contentent de joindre le communiqué de l’ARS aux factures d’eau deux fois par an. Les marchands d’eaux en bouteilles publient sur les étiquettes la teneur des principaux minéraux de leur eaux.

Qualité de l’eau du robinet et des eaux du commerce:

Il incombe aux maires de fournir à leurs administrés une eau potable à domicile. Ces obligations sont définis par des textes législatifs qui indiquent les normes de qualité de l’eau.
Ces normes évoluent avec les connaissances scientifiques et avec les directives Européennes. Elles sont régulièrement mises à jour par arrêté. Exemple: Arrêté du 28 décembre 2010
A note r: les mêmes obligations s’imposent aux eaux  vendues en bouteilles.

L’eau de la ville est conforme aux normes de salubrité préconisées par la loi. C’est ce que l’Agence Régionale de Santé atteste dans une relevé qui est joint aux factures 2 fois par an. Les résultats de 6 critères y sont listés: coliformes et streptocoques, turbidité, nitrates, dureté, pH. En indiquant « eau de bonne qualité pour les paramètres recherchés.» (2010)
Le site www.eaupotable.sante.gouv.fr regroupe les résultats d’analyses pour toutes les communes de France, vous pourrez y trouver quelques paramètres supplémentaires.
Les eaux de sources et les eaux minérales sont également conformes aux normes de salubrité et elles auraient de plus des propriétés médicales reconnues par l’académie de médecine.
Ces affirmations péremptoires méritent quand même une discussion puisque de nombreuses publications prétendent avoir décelé dans l’eau du robinet et même dans quelques eaux en bouteille certains produits nocifs.
60 Millions de consommateurs N° 407 juillet/août 2006 Dossier eau
Que choisir N°501 mars 2012 Peut on boire l’eau du robinet ?
UFC Que choisir Étude février 2014 La qualité de l’eau potable en France
Pour résumer toutes ces publications, on peut dire que, globalement, aussi bien l’eau du robinet que les eaux en bouteilles ne sont pas toxiques. Les pollutions par micro-organismes sont quasi nulles, et, lorsqu’il y en a, elles sont rapidement détectées et corrigées. De même pour les pollutions par des toxiques entraînant des symptômes rapidement.
Il n’en reste pas moins vrai que ces dernières années un certain nombre de pathologies ont révélé la présence dans les eaux de boisson mais aussi dans l’alimentation de « perturbateurs endocriniens ».
De nombreuses études menées par le BRGM, l’INSERM etc… ont décelée la présence dans les eaux superficielles et dans les nappes souterraines de centaines de produits chimiques à des doses plus ou moins significative. On sait déjà qu’il y a des relations entres certains composés chimiques et certains cancers, certaines maladies dégénératives chez les adultes et mêmes chez les enfants. Et on ne peut pas encore savoir s’il y aura des conséquences sur la santé dans le moyen ou long terme et sur la descendance.

BRGM/RP-52612-FR octobre 2003 Réseau de surveillance des produits phytosanitaires dans les eaux souterraines en région P.A.C.A. bilan du suivi année 2 (2002 – 2003)
BRGM/RP-54515-FR Contribution à la détermination de l’origine des contaminations nitratées des eaux souterraines par l’approche hydrochimique. Rapport final janvier 2006
INVS/ANSES Étude nationale d’imprégnation aux polychlorobiphényles des consommateurs de poissons d’eau douce Rapport d’étude scientifique. Octobre 2011
ANSES Avis relatif à l’interprétation des résultats de l’étude nationale d’imprégnation aux polychlorobiphényles des consommateurs de poissons d’eau douce. Novembre 2011
DGS Bilan de la qualité de l’eau au robinet du consommateur vis-a-vis des pesticides en 2011-2012
Inserm (dir.). Pesticides : Effets sur la santé. Rapport. Paris : Inserm, 2013, XII-1001 p. – (Expertise collective). – http://hdl.handle.net/10608/4820
La pollution étant planétaire, et l’eau se régénérant selon un cycle sans fin et sans frontières, aucune ressource n’est à l’abri.
Cependant certains sites sont plus exposés que d’autres. Selon leur position géographique et selon les sites pollueurs situés dans le bassin versant.
Une eau de source, loin de toute industrie et de toute agriculture sera beaucoup moins polluée qu’une nappe phréatique qui récupère les jus d’exfiltration d’une décharge ou les eaux de ruissellement d’un champ de vigne désherbé consciencieusement par un ou plusieurs composés chimiques ou les eaux de sorties de sites industriels ou de station d’épuration.. En écrivant cela je pense à la nappe phréatique du Gapeau qui cumule quelques handicaps. ( présence de décharges la plus proche à Pierrefeu, station d’épuration de La Crau, hôpitaux, surcharge estivale, pollution par nitrates et divers pesticides …)

On peux déjà conclure des pré résultats du match eau du robinet contre eaux en bouteille :
Du point de vue microbien : match nul.
Du point de vue micro-polluants : avantage aux eaux en bouteilles.

Reste à voir les effets allégués des bénéfices pour la santé de certaines eaux minérales par rapport à l’eau du robinet.
Les publicités qui vantent les mérites de l’eau en bouteille utilisent toute sorte d’arguments médicaux ( lutte contre la décalcification, recharge en magnésium pour les « nerveux », lutte contre la constipation, régime pauvre en sel, etc)
Et, ou, prétendent contribuer au bien être en suggérant qu’elles vous rendent plus léger, qu’elles favorisent les éliminations….

Composition du milieu aqueux chez l’humain

Pour voir clair dans toutes ces données, souvent contradictoires, le guide de raisonnement repose sur la stabilité de la composition des liquides de l’organisme humain. Ce qu’on appelle le milieu intérieur qui est divisé en 3 parties : le milieux extra cellulaire, le sang et le milieu intra cellulaire.
Depuis Claude Bernard on sait que ce milieu intérieur a une composition stable grâce à un système d’auto-régulation qu’il a appelé « Homéostasie ».
Toute déficience entraîne une alarme, tout excès provoque une élimination.
En examinant un tableau de composition en principaux éléments du milieu intérieur (qui doit rester stable) on comprendra que tout excès en minéraux conduira à une augmentation du travail des reins et en cas de débordement de longue durée à la formation de dépôts sous formes de cristaux dans les endroits où la circulation des liquides est ralentie ou sous forme de calculs salivaire ou rénaux…
Ions en Millimoles/Litre

tableau 1

osmol milieu int

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graphe tiré du cours du Professeur Diane GODIN-RIBUOT Année universitaire 2011/2012 Université Joseph Fourier de Grenoble – Tous droits réservés.

Composition des eaux potables:

La composition de l’eau de la nappe d’Hyères a été reconstituée par utilisation des données de l’Agence des eaux souterraines. Sa composition peut varier au cours de l’année, à l’inverse des eaux minérales qui ont une composition fixe. Grosso modo c’est une eau qui est très dure, riche en minéraux, propice à entartrer facilement les casseroles.
La composition des eaux en bouteilles est tirée de leurs étiquetage les compositions sont très différentes comme vous le constaterez dans ce tableau .
Nous pouvons lire que l’eau du robinet de Hyères se situe dans la zone des eaux riches en résidus. Ce que j’avais déjà constaté sur la résistance de mon cuit-vapeur et sur les chauffes-eaux électriques.
On imagine facilement que cette eau et toutes celles qui dépassent la valeur de l’osmolarité extra cellulaire ( environ 300 mg/l de résidu à sec) vont l’augmenter.

Cette augmentation qui s’ajoute à celle induite par l’alimentation va déclencher les réactions de régulation pour ramener l’osmolarité à la normale :
Élimination des ions en surplus par le rein.
Appel d’eau du milieu intracellulaire vers le plasma pour le diluer ce qui entraîne une augmentation de l’élimination par les urines.
Si l’hyper osmolarité démarre dans l’intestin, l’appel d’eau d’origine intracellulaire va favoriser la dilution des matières fécales et favoriser l’expulsion.
Ces phénomènes normaux de régulation, s’ils deviennent une habitude journalière vont finir par provoquer une déshydratation cellulaire et d’autres désordres de type irritation ou dépôts de cristaux.

Mais alors quelle eau boire ?
Ceci est un autre histoire qui mérite un autre article.

Alain VITIELLO le 28 mai 2015

Vous trouverez tous les articles d’Alain Vitiello sur son site: http://avitiello.free.fr

2 comments

  1. LION Reply

    Beau travail ! Mais qu’en conclure?…
    Et une conclusion serait-elle véritablement transposable d’une saison à l’autre…?
    Dur dur, mais bravo!

  2. Ramon Reply

    Excellent article,
    L’eau embouteillée est très coûteux et encombrant sur les conteneurs ne peut pas garantir que vous obtenez les utilisateurs à domicile avec des garanties minimales. L’eau du robinet est absolument garantir contenant bactériologique élément de chlore pour un autre très nocif pour le côté humain. Il dispose également d’un excès d’éléments dissous dans la prise d’eau que d’une eau légère difficile de consommer beaucoup d’elle toute la journée, chose très importante pour notre santé.
    Pour moi, le meilleur est à partir d’un réseau d’eau avec toutes les garanties bactériologiques, de l’eau traitement par osmose inverse à moindre coût peut être réalisé, je suis très reconnaissant à http://www.e-purificateur.fr . De cette façon, votre famille bénéficie d’une eau minérale bas pour toutes les utilisations, boire, cuisiner, thé, café, ….
    Ne pas hésiter un instant après des années d’utilisation ils ont certainement l’eau filtrée avec osmoseur est le meilleur choix.

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