Apéro débat sur l’Etat d’Urgence

L’état d’urgence est-il réellement utile à la sécurité des citoyens ou réellement dangereux pour nos libertés qu’il restreint et menace quotidiennement pouvant conduire à un état policier ?

Qui peut dire par qui et par quelles forces politiques cette modification constitutionnelle pourra être utilisée dans le contexte de crise politique et sociale que nous vivons et qui s’aggrave ?

L’histoire nous a appris à être prudents et attentifs !

L’état d’urgence est un ensemble de dispositions exceptionnelles qui lève pour une part le contrôle de l’état de droit sur les activités antiterroristes et restreint provisoirement les libertés.

Inspiré de son ancêtre de 1955, pendant la guerre d’Algérie, l’état d’urgence a été instauré, quelques heures après l’attaque du Bataclan, puis prolongé par l’Assemblée nationale jusqu’au 26 février dans un premier temps, puis jusqu’au 26 mai 2016 pour laisser aux autorités françaises le temps de le faire inscrire dans la prochaine loi de révision constitutionnelle. La constitutionnalisation de régimes d’exception qui facilitent la répression étatique et donnent plus de pouvoir à l’exécutif ou aux autorités répressives est un phénomène extrêmement rare en France. La Constitution, c’est pourtant  notre garde-fou contre les abus de pouvoir. Ce texte fondamental protège le peuple. Ce dont il est question avec l’état d’urgence c’est de faire sauter cette garantie.

L’état d’urgence va bien au-delà d’une simple atteinte à l’État de droit, puisqu’il s’y substitue : perquisitions en dehors de tout contrôle judiciaire, dont certaines n’ont rien à voir avec la « lutte anti-terroriste », assignations à résidence arbitraires et désormais basées sur le « comportement », interdiction sous prétexte sécuritaire de la plupart des mobilisations à but politique alors que les événements sportifs et commerciaux de grande ampleur sont maintenues et encouragés par les autorités.

Le Parlement a également ajouté une disposition initialement absente de la loi de 1955 sur l’état d’urgence qui permet désormais de dissoudre des « associations ou groupements de fait » qui participent, aident ou incitent à commettre des « actes portant une atteinte grave à l’ordre public » – une dénomination floue qui peut arbitrairement englober toute forme de contestation.

Changer d’Ere propose de s’interroger sur ce que cette décision dit de l’état notre démocratie.

Jeudi 31 Mars 2016 à 19h, au Moulin des Contes à Hyères

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