Apéro – Citoyen « Un Revenu Universel pour changer d’ère ? »

Le thème du revenu universel, ou revenu d’existence, de base, de citoyenneté,  est un  thème qui suscite aujourd’hui débat et controverse. Changer d’Ere avait prévu depuis plusieurs mois d’organiser un café citoyen sur ce sujet  , avant qu’il ne devienne un thème de campagne. Nous nous sommes donc retrouvés le lundi 20 Mars au Moulin des Contes  pour en débattre avec nos intervenants :

Au travers la diversité des intervenants et la pluralité des opinions nous avons voulu aider à la réflexion  sur  un sujet qui interpelle nos manières de penser le travail, la solidarité, la citoyenneté.

Retrouver les termes du débat en cliquant sur le nom des intervenants et réagissez en laissant un commentaire ci-dessous.

A lire aussi:
http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/rub1975/revenu-base-ou-revenu-universel-nouveau-theme-du-debat-public.html

2 comments

  1. Brigitte Del Perugia Reply

    De la part de Gilles Desnots, ce compte-rendu du débat.

    Changer d’Ere organisait lundi 20 mars au Moulin des Contes à Hyères un débat sur le revenu universel. J’ai été surpris que cette question n’ait attiré qu’une quinzaine de personnes dont une grande partie, m’a t il semblé n’étaient venus que pour soutenir l’un des intervenants, consacrant ainsi à leurs discussions privées tout le temps de parole des autres orateurs.

    Pourtant le choix de ces derniers promettait un vrai débat contradictoire : Jean-Louis Banès, pour représenter la version libérale du revenu universel, Pierre Yvorra, journaliste à l’Humanité, opposé audit revenu, Philippe Chesneau, ancien conseiller régional des Verts, favorable à un revenu universel de gauche.

    La présentation faite par M.Banès, au nom du Mouvement Français pour le Revenu de Base avait cela d’intéressant et de contradictoire, que le constat fait de la crise globale que nous traversons, était une condamnation sans appel du capitalisme libéral que nous subissons, alors que la solution ne consistait qu’en une réforme fiscale, très technique, trop rapidement et confusément exposée, ne changeant rien fondamentalement au système économique et social, et limitant le revenu de base à 200/ 400 euros par mois.

    La critique dont était porteur M.Ivorra n’a pas été à la hauteur des questions posées par le revenu universel. De manière hasardeuse, et j’ajouterai mal renseignée, il a botté en touche en prétendant que cela coûterait trop cher, qu’il était scandaleux d’imaginer faire vivre décemment une personne avec 400, 600 ou 800 euros, et que le revenu universel ne pouvait être la solution à la pauvreté, à la précarité, et aux injustices sociales. Il fallait plutôt créer des emplois, notamment dans la fonction publique, et augmenter les salaires.
    Ces propos ont reçu un écho favorable dans la salle. Il me semble pourtant que la question du R.U. avait été contournée. Pourquoi y aurait-il débat sur la question si ce projet était aussi nul et scandaleux que M. Ivorra veut nous le faire croire ? Pourquoi ignorer qu’il y a un projet de RU aujourd’hui, porté par un candidat à la Présidentielle et des forces politiques de gauche, et donc sans comparaison avec les idées des ultra-libéraux sur ce sujet ? Pourquoi demeurer aveugle au fait que les solutions des XIXe XXèmes siècles ne peuvent plus avoir cours dans un monde connaissant des mutations globales gigantesques ? Pourquoi oublier que le capitalisme sait créer des millions d’emplois mais sans revenu décent ni protection sociale ? Or c’est bien de cela dont il s’agit, réinventer une société viable pour tous.

    M.Chesneau est alors intervenu pour contrer ces visions conservatrices. Il est parti d’un constat simple : nos systèmes sociaux et fiscaux ne jouent plus leur rôle, les solutions du passé sont devenues inopérantes, il faut donc inventer. Le Revenu Universel n’est pas la panacée, mais il est un outil par lequel il est en effet possible de réinterroger tout ce qui constitue la vie en société : les questions concernant le RU sont bien celles de son montant, de la qualité des bénéficiaires, du financement, du système de protection sociale, des objectifs pour la société et pour l’économie, du contrôle démocratique. L’idée du revenu universel est donc un moyen extraordinaire pour amorcer enfin et concrètement le débat sur un avenir de nos sociétés autre que l’alternative entre marché tout puissant et insécurité maximale et repli identitaire et insécurité maximale.

    Au XIXe s, la révolution industrielle a provoqué des mutations terribles sur le plan social. Il a fallu des décennies pour que les peuples qui la subissaient ne raisonnent plus avec les armes du passé. Le socialisme et le syndicalisme sont nés de cet effort pour tenter de réguler le capitalisme. Aujourd’hui, face aux bouleversements que nous vivons, la droite autoritaire, l’extrême droite, et une partie de la gauche, sont dans l’incapacité de penser le monde d’aujourd’hui et de demain. Une droite libérale le pense, elle, mais en assumant pleinement le choix d’une société duale, donc insécure et qu’il faudra donc maîtriser par l’autoritarisme de l’État. Des millions de personnes, en France, ne se reconnaissent dans aucune de ces visions. Beaucoup ont des engagements associatifs, ou/et ont commencé à réorganiser leur vie en fonction de paramètres novateurs concernant leurs rapport à la consommation, à l’environnement, aux énergies, à l’entreprise, au partage des richesses et des revenus. Pour la première fois, à une élection présidentielle, un candidat a décidé d’intégrer leurs problématiques. C’est Benoît Hamon. Sur le plan des idées, c’est le candidat le plus dangereux pour tout l’establishment et toutes celles et ceux qui veulent s’approprier le monopole d’être les vrais et seuls représentants du peuple, à savoir le FN et les Mélenchonistes.

    Alors ils y vont tous à droite comme à gauche pour dénoncer l’utopie du projet, son irresponsabilité financière, sa dangerosité pour l’équilibre des budget, réduire la politique à une bataille de chiffres qui confisquent la démocratie entre la main des experts, et pour rappeler que rien de bon ni de vrai ne peut sortir de la bouche de qui vient du PS ou de ses associés.

    Dans ce concert unanime des puissances de l’argent et des conservateurs indécrottables, il est probable que la candidature de Benoit Hamon n’aboutira pas à son élection. Mais rappelons-nous le temps qu’il fallut à la gauche pour se remettre de l’effondrement de la SFIO, morte de ses renoncements et de sa déconnexion avec le monde ; rappelons-nous aussi le temps qu’il fallut pour ceux qui allaient devenir les Socialistes, pour sortir des prisons, pour ne plus être menacés physiquement, pour parvenir à diffuser leurs idées, puis à les faire partager.

    Ce qui se passe aujourd’hui, avec Benoit Hamon, est le début ENFIN d’un processus de recomposition de la gauche démocratique, sociale, écologiste, humaniste. Le candidat actuel est un maillon de cette évolution. Remercions-le au moins de permettre un réveil citoyen, de proposer des pistes novatrices dont nous avons collectivement à nous emparer pour construire l’avenir autrement.

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